Choisir où publier en accès ouvert

La consultation de sites d’information, de guides, manuels et outils en ligne peut faciliter le choix d’un éditeur de confiance, dont la politique d’accès ouvert est conforme aux exigences des bailleurs, ou permettre d’éviter les éditeurs « prédateurs » ne répondant pas aux exigences de qualité et d’intégrité académique.

Choisir la voie diamant

L'Unesco définit l’accès ouvert diamant comme « un modèle communautaire et non commercial de publication académique qui supprime les barrières financières pour les auteurs et les lecteurs » : « les publications sont librement accessibles en ligne, sans frais d’abonnement pour les lecteurs ni frais de traitement des articles (APC) pour les auteurs ».

Le modèle

La voie diamant est donc celle recommandée, car elle permet d’associer « ouverture, inclusion et collaboration ».

Le DOAJ (Directory of Open Access Journals) recense les revues en accès ouvert du monde entier. Pour rechercher parmi elles celles qui n’imposent pas le paiement de frais de publication (APC) en contrepartie, un filtre « No charges » peut être apposé sous la rubrique « Publication Charges » (mode "Advanced search").

Le Diamond Discovery Hub recense les revues « diamant » européennes, permettant de publier en accès ouvert sans payer de frais de publication (APC).

Dans le domaine des sciences humaines et sociales, OpenEdition est une plateforme de revues et d’ouvrages promouvant l’accès ouvert, et proposant notamment un modèle de diffusion dit « Freemium » (accès libre et gratuit à la version html et commercialisation de services et des fichiers PdF et/ou ePub), offrant aux éditeurs une source de financement pouvant renforcer un modèle diamant.

Journal Checker Tool est un outil en ligne qui délivre des informations claires et rapides aux chercheurs et leur permet de vérifier si la revue dans laquelle ils envisagent de publier est conforme à la politique d’accès ouvert de l’organisme qui finance leurs recherches, lorsque celle-ci est alignée sur le plan S.

Mir@bel est le service d’information sur lequel s’appuie désormais HAL pour les politiques des éditeurs concernant le dépôt en archive ouverte des différentes versions des articles (preprint, postprint, version publiée). Interlocuteur national de l’Open Policy Finder (anciennement Sherpa/Romeo), Mir@bel propose les informations traduites en français et offre une couverture plus large des revues françaises que l’ancien service.

Peer Community in (PCI), Open Research Europe, OPERAS : une autre façon de publier

  • Peer Community in – PCI

    Créée en 2017 par trois chercheurs d’INRAE (Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement), Peer Community In organise des communautés de chercheuses et de chercheurs qui évaluent et valident gratuitement et publiquement des preprints (ou prépublications) dans leurs champs thématiques respectifs. Ces communautés thématiques sont intitulées Peer Community in « X » (par exemple PCI Evolutionary Biology, PCI Ecology, PCI Neuroscience, PCI Registered Reports. Concrètement, PCI met en œuvre une procédure rigoureuse d’évaluation par les pairs (peer-reviewing) des prépublications déposées sur des serveurs de preprints (comme bioRxiv et arXiv) ou des archives ouvertes (HAL). À son issue, PCI publie sur son site le texte de recommandation rédigé par les « recommenders » (pairs chargés de l’évaluation) ainsi que tout le processus éditorial (reviews, décisions éditoriales, réponses des autrices et auteurs etc.). PCI offre ainsi l’opportunité aux chercheurs de se réapproprier le processus d’évaluation et de publication et confère une plus grande transparence dans la chaîne de production des savoirs. En d’autres termes, les objectifs du projet PCI peuvent être résumés comme suit :

    • Proposer une procédure pour l’évaluation par les pairs de la production scientifique qui soit ouverte, transparente, fiable et indépendante des éditeurs commerciaux ;
    • Mobiliser les communautés scientifiques pour reprendre le contrôle de l’évaluation par les pairs ;
    • Valoriser les preprints qui sont un vecteur majeur de diffusion en science ouverte.

    La version finale, validée et recommandée de l’article, est ensuite déposée libre d’accès, sans frais pour les auteurs, sur le serveur de preprint ou dans l’archive ouverte.

  • HAL est utilisé par PCI comme base de soumission de preprints (via le formulaire de dépôt). Si le document soumis est recommandé par une PCI, le dépôt HAL est enrichi de la référence de la recommandation, qui est dès lors affichée sur le dépôt.
  • Open Research Europe (ORE)

    Depuis 2021, la plateforme Open Research Europe (ORE) permet aux bénéficiaires de projets européens de publier leurs articles en accès libre, sans coût supplémentaire, l’évaluation par les pairs étant effectuée de manière ouverte et transparente (« open peer review » avec publication des noms des reviewers et des rapports).

    En janvier 2025, onze agences de financement et organismes de recherche européens, dont l'ANR, ont signé une déclaration d'intention pour soutenir collectivement Open Research Europe (ORE). Leur objectif est de renforcer l’écosystème de l’accès ouvert « diamant » et de proposer une alternative à l’offre de publication des éditeurs privés plus largement ouverte aux chercheurs. Les critères d’éligibilité de la plateforme devraient ainsi être élargis au-delà des chercheurs financés par la Commission européenne. Les signataires participeront activement à la gouvernance d’ORE et contribueront financièrement (pendant une durée initiale de cinq ans) aux coûts opérationnels et de développement de la plateforme, en collaboration avec la Commission européenne. Ils prendront en charge les frais de publication, évalués à ce jour à 870 euros par contribution. Les signataires partagent une vision commune d’une plateforme garantissant l’intégrité et la qualité des articles publiés, selon des principes qui avaient préalablement été détaillés dans le Open Research Europe: Towards a Collective Open Access Publishing Service : Scoping Report . La mise en ligne de la nouvelle plateforme est prévue pour la fin de l’année 2026.

  • OPERAS, Open Scholarly Communication in the European Research Area for Social Sciences and Humanities

    OPERAS est une infrastructure de recherche européenne dont l’objectif est de promouvoir l’accès ouvert aux publications scientifiques dans le domaine des sciences humaines et sociales (SHS). Sa mission consiste principalement à coordonner et à fédérer les acteurs européens de la communication scientifique en accès ouvert en SHS et à optimiser les ressources disponibles dans ce domaine. OPERAS offre ainsi un cadre de travail permettant de concevoir et de mettre en œuvre des projets et de développer des services et des outils utiles à l’ensemble de la communauté scientifique.

    OPERAS propose d’ores et déjà un panel de services destinés à répondre aux besoins spécifiques des chercheurs en SHS leur permettant :

    • de découvrir des publications scientifiques en libre accès (GoTriple et Pathfinder),
    • d’améliorer la transparence de l’évaluation par les pairs (PRISM Peer Review),
    • de mesurer l’usage et l’impact des livres en accès ouvert (Metrics),
    • de favoriser les échanges scientifiques via des blogs (Hypothèses, OPERAS INNOVATION LAB) ou des services multilingues (Mondaecus),
    • de développer des projets collaboratifs, y compris en science citoyenne (Vera).

    OPERAS France, nœud national français de l’infrastructure européenne, coordonnée par OpenEdition et le CNRS, fédère, au niveau national, les chercheurs et acteurs impliqués dans la communication scientifique en SHS. OPERAS France a pour objectif essentiel de promouvoir le catalogue de services d'OPERAS et d’en faciliter l’accès aux chercheuses et chercheurs francophones.

Le modèle Subscribe-to-open (S2O)

Le modèle Subscribe-to-open (S2O) est utilisé par certains éditeurs de revues pour les convertir en accès ouvert, dès lors qu’un nombre suffisant d’abonnements par les bibliothèques est maintenu. Tant qu’un nombre suffisant d’abonnés à une revue souscrit à l’offre S2O (simplement en ne se retirant pas), l’éditeur donne librement accès à son contenu, couvert par l’abonnement de l’année. Si le nombre d’abonnés devient insuffisant, le contenu de la revue pour l’année en question reste verrouillé. Les bibliothèques et archives du Collège de France souscrivent un abonnement S2O aux revues suivantes :

  • Afghanistan. The Journal of the American Institute
  • Anthropological Journal of European Cultures
  • Focaal : Journal of Global and Historical Anthropology
  • Restaurator : International Journal for the Preservation of Library and Archival Material
  • Sibirica : Interdisciplinary Journal of Siberian Studies
  • The Cambridge Journal of Anthropology
  • Nomadic Peoples

Revues hybrides : recommandations et accords transformants

Recommandations

La plupart des grands éditeurs scientifiques (Elsevier, Springer, Wiley, etc.) publient des revues hybrides, accessibles sous abonnement payant et conditionnant l’ouverture de l’accès à un article donné au paiement d’APC. Les APC sont en ce cas optionnels, l’auteur ayant toujours la possibilité d’opter pour une publication en accès « fermé », sous abonnement payant (ce que n’autorisent plus les principaux bailleurs des projets de recherche). Par ailleurs, les APC sont généralement beaucoup plus élevés dans les revues hybrides que dans les revues « full open access » (coût moyen : 2500 € pour une revue hybride contre 1500 € pour un éditeur full open access).

Pour éviter que l'institution paie deux fois, le Collège de France déconseille aux chercheuses et chercheurs le choix de cette option (hors accords négociés) et recommande de diffuser, éventuellement, en accès fermé, sans paiement d’APC, dans la revue sous abonnement, et de déposer parallèlement le postprint dans une archive ouverte (sur le portail HAL Collège de France).

Liste des accords souscrits par le Collège de France

Les accords transformants (transformative agreements), négociés par les institutions ou groupements d’institutions, comme le Consortium Couperin en France, avec des éditeurs de revues, intègrent les frais de publication au calcul des coûts d’abonnements pour éviter un double paiement. Ces accords prévoient une prise en charge totale ou partielle des frais de publication, grâce à des APC prépayées ou à des remises sur le prix public des APC. Ces accords ont pour objectif affiché d’organiser la transition du modèle de l’abonnement aux revues vers celui de l’accès ouvert, en opérant une réaffectation des budgets des bibliothèques qui y sont consacrés. L’efficacité de ces accords est cependant remise en cause (voir chapitre « Les différents modèles de diffusion en accès ouvert et gratuit »).

Pour permettre aux membres de la communauté de recherche du Collège de France de bénéficier des APC prépayés ou de remises sur les APC demandées, les bibliothèques et archives du Collège de France souscrivent aux accords transformants suivants :

  • Bouquet Wiley Couperin Database Journals WILEY : les auteurs du Collège de France ont la possibilité de publier en accès ouvert immédiat sans frais supplémentaires dans les revues hybrides de l’éditeur.
  • Public Library of Science (PLoS) Journals PLOS ONE : les auteurs du Collège de France ont la possibilité de publier en accès ouvert immédiat sans frais supplémentaires dans tout le bouquet sans frais de publication.

Par ailleurs, les bibliothèques et archives du Collège de France souscrivent à l’accord suivant via l’Université PSL dont l’établissement est membre associé :

  • Bouquet de l’Institute Of Physics Publishing Couperin Science Extra Complete : les auteurs du Collège de France ont la possibilité de publier en accès ouvert immédiat sans frais supplémentaires dans 55 revues en « full open access » ou hybrides.
  • Pour bénéficier de ces accords, les affiliations des auteurs doivent être correctement rédigées, en respectant les règles de signature préconisées par le Collège de France.

Éviter les éditeurs predateurs

Selon l’Office français de l’intégrité scientifique les revues et les éditeurs prédateurs sont des entités qui privilégient l’intérêt personnel au détriment du savoir et se caractérisent par des informations fausses ou trompeuses, un écart par rapport aux bonnes pratiques éditoriales et de publication, un manque de transparence et/ou le recours à des pratiques de sollicitation agressives.

Le rapport Lutter contre les revues et conférences académiques prédatrices propose une synthèse des indicateurs qui aident à identifier les éditeurs prédateurs.

Comment les reconnaître

Quelques indices peuvent alerter sur le caractère douteux de l’éditeur ou de la revue :

  • Une communication tournée vers les auteurs et non les lecteurs, faisant valoir un service rapide et un faible coût de publication ;
  • L’absence d’indicateurs de qualité tels que des facteurs de notoriété ou d’indexation, le rattachement à un organisme savant reconnu, l’adhésion à des associations telles que Committee on Publication Ethics - COPE ou Open Access Scholarly Publishers Association - OASPA délivrant des recommandations éthiques, la régularité de parution etc. ;
  • L’absence d’informations sur le processus éditorial telles que la composition du comité éditorial (pertinence, gages de diversité etc.), la possibilité de vérifier l’identité de ses membres, les procédures de soumission, les délais de relecture et d’évaluation par les pairs etc. ;
  • L’absence d’informations communiquées sur l’attribution d’un DOI ;
  • La qualité du contenu scientifique de la revue (articles hors-sujet, de faible qualité etc.).

Les outils suivants peuvent également aider à détecter des éditeurs prédateurs :

  • Think Check Submit, initiative lancée en 2015 par plusieurs organisations spécialistes de publication scientifique, dont le Committee on Publication Ethics (COPE), le Directory of Open Access Journals (DOAJ), met en ligne deux questionnaires, l’un pour les revues (rubrique Journals) et l’autre pour les éditeurs de livres (Books & chapters). Le principe est de permettre aux chercheurs de contrôler la politique des éditeurs sans mentionner leurs noms ni celui des revues. Il est également possible d’échanger avec la communauté de chercheurs pour plus d’informations.
  • Compass to Publish a été créé en 2020 par la bibliothèque de l'université de Liège pour vérifier le comportement éditorial d’une revue. Le site utilise une liste de critères quantifiés pour évaluer le degré d'authenticité des revues en Open Access exigeant des frais de publication.
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